À 42 ans, Foued Kadir en met encore plein la vue en National 2

À 42 ans, Foued Kadir en met encore plein la vue en National 2

Passé par Rennes ou encore l’OM au cours de sa carrière, Foued Kadir fait aujourd’hui le bonheur du Istres FC, en National 2. Et à 42 ans, l’ancien international algérien régale encore.

«Quel club j’aimerais retrouver en Coupe ? Je vais dire l’OM , c’est mon club de cœur » 

À l’heure où la quasi-totalité des quadragénaires ont laissé les terrains derrière eux, Foued Kadir continue de défier le temps. Âgé de 42 ans, l’ancien joueur de l’OM fait aujourd’hui le bonheur du Istres FC, 6e de sa poule de National 2 et qualifié pour les 16es de finale de Coupe de France face à Laval. « Ça faisait neuf ans qu’Istres n’avait pas atteint les 16es. On est aussi très fiers parce qu’on est, avec l’OM, le seul club du département encore en lice (et de la région avec Nice). C’est super pour les jeunes qui vont pouvoir se montrer et se jauger par rapport à des joueurs de Ligue 2 », souligne Kadir. Les Istréens n’ont pas pu passer à côté des gros noms évités lors de ces 16es de finale. Paris, l’OL, Lens, Monaco, l’OM : tous les poids lourds ont assuré le coup lors de leur entrée en lice au tour précédent.

À l’évocation d’un possible rendez-vous avec Marseille plus tard dans la compétition, Kadir affiche évidemment un vif enthousiasme : «Quel club j’aimerais retrouver ? Je vais dire l’OM (parmi ses anciens clubs, l’OM, Rennes, Troyes et Amiens sont tous qualifiés, ndlr). C’est mon club de cœur. J’en garde un très bon souvenir parce que c’était un rêve d’y jouer, mais c’est aussi mitigé parce que le rêve ne s’est pas vraiment passé comme j’en avais envie, même si je n’ai pas de regrets. L’OM, c’est le club de la région, et pour Istres et notre groupe, ce serait magnifique de pouvoir jouer au Vélodrome. »

«La plupart des jeunes du groupe me disent : "je te regardais au stade ou à la télé avec mes parents", et ça ne me rajeunit pas » 

Il faudra attendre le verdict du match face à Laval, un adversaire favori sur le papier, mais qui peine à chasser les doutes depuis le début de saison. Les Mayennais sont 17es de Ligue 2, n’ont toujours pas gagné à domicile en championnat, et vont connaître un mois de janvier chargé avec trois confrontations directes face à des candidats au maintien (Clermont, Bastia, Amiens). Alors pourquoi ne pas rêver d’une nouvelle parenthèse enchantée ? « On n’est pas là pour faire de la figuration. On respecte cette belle équipe de L2, mais on est là pour essayer de se qualifier et on va tout mettre en œuvre pour. Il y a encore des clubs de R1 (Bayeux et Montreuil). Les exploits sont permis en Coupe de France, si on peut passer, on ne va pas s’en priver », promet le droitier d’1,80m. Dans ce type de contexte, le vécu de Kadir, finaliste avec Rennes en 2014 (les Rouge et Noir s’étaient inclinés 2-0 contre Guingamp), pèsera lourd. Ses expériences à l’OM, au Betis, ou même en sélection, quinze ans après avoir disputé une Coupe du Monde dans la peau d’un titulaire avec l’Algérie, en font naturellement un référent du vestiaire istréen, dont la moyenne d’âge ne dépasse pas 23 ans. Certains de ses coéquipiers en avaient à peine 10 lors de ses plus belles années : « je suis un peu le grand frère. La plupart des jeunes du groupe me disent : "je te regardais au stade ou à la télé avec mes parents", et ça ne me rajeunit pas, plaisante Kadir au bout du fil. J’essaie de les guider par ma manière de jouer, mon état d’esprit. J’ai un devoir d’exemplarité. À Martigues (qu’il a quitté à l’été 2024 lors de la montée du club en L2, ndlr), j’avais déjà 40 ans et j’ai aussi pu aider pas mal de jeunes à progresser techniquement, ça fait vraiment plaisir. Il y a toujours ce respect des plus jeunes. »*

«J’aimerais que ça continue encore la saison prochaine » 

Aujourd’hui, l’ex-international algérien vit cette fin de parcours comme un cadeau, et il promet de raccrocher le jour où il ne pourra plus assumer le rythme des matchs : « j’ai des douleurs un peu partout après une grosse séance, mais j’arrive encore à suivre, à être au niveau du rythme sans problème en match et à l’entraînement. Mais au niveau de la récupération, c’est beaucoup plus dur et plus long. Je n’ai pas le choix de dormir tôt, faire les soins chez le kiné, bien manger et m’hydrater, il n’y a pas de secret. J’aimerais que ça continue encore la saison prochaine », sourit le natif de Martigues.

«Quand on a joué au haut niveau, l’expérience fait la différence. Je ne cours pas dans le vide comme lorsqu’on est jeune et qu’on doit prouver » 

Sa discipline et son sérieux à fer forgé pourraient l’amener à tirer sur la corde jusqu’à ses 43 ans. Il deviendrait alors le joueur le plus âgé des quatre premières divisions françaises, étant donné que l’actuel doyen, Dante, prendra sa retraite à la fin de saison. Le Brésilien est né en octobre 1983, et Kadir en décembre. « Quand on a joué au haut niveau, l’expérience fait la différence. Je ne cours pas dans le vide comme lorsqu’on est jeune et qu’on doit prouver. Avec l’âge, on sait quand faire la course, comment et où se déplacer », philosophe-t-il. Cette approche lui permet encore aujourd’hui de jouer des matchs quasi complets. Avant sa blessure et sa suspension début octobre, le capitaine d’Istres enchaînait les rencontres d’une heure et demie.

«Aujourd’hui, mon objectif, c’est d’aider Istres à se maintenir le plus vite possible en N2 » 

Et à son retour fin novembre, ses 45 minutes de présence sur le terrain avaient suffi pour qu’il marque et permette à Istres de s’imposer contre Seyssinet en Coupe de France (2-0). « Aujourd’hui, mon objectif, c’est d’aider Istres à se maintenir le plus vite possible en N2. Mais je mentirais en disant que l’objectif est toujours le maintien si on est dans le top 5 à 10 journées de la fin. » Si la montée devait encore attendre, le club saurait s’en accommoder. Depuis sa rétrogradation en septième division par la DNCG en 2016, Istres a pris le temps de se reconstruire. Aujourd’hui, le club souhaite s’établir dans ce championnat de N2, avant de peut-être regoûter aux joies du monde professionnel un jour.