Appiah (Soudan) : «Les Algériens ? Nous les respectons, mais nous ne les craignons pas»
Le Soudan a accompli un exploit qui dépasse le cadre du football. Qualifiés pour la CAN 2025, après avoir devancé le Ghana, les Crocodiles du Nil se sont construits dans la douleur et l’exil, contraints de disputer tous leurs matchs “à domicile” loin de leurs terres. À 64 ans, le technicien ghanéen s’apprête à relever un défi immense : sortir d’un groupe E relevé avec l’Algérie, le Burkina Faso et la Guinée équatoriale. Mais sa détermination reste intacte : « Nous ne venons pas pour participer, mais pour rivaliser ».
Le Soudan s’est qualifié pour la CAN 2025, au terme d’un parcours remarquable, éliminant le Ghana. Quel regard portez-vous sur cet exploit ?
C’est une immense satisfaction, surtout au vu du contexte. Beaucoup pensaient que le Ghana allait se qualifier, mais le football a changé : il n’y a plus de petites équipes. Bien sûr, en tant que Ghanéen, j’aurais aimé que les deux passent, mais ma mission est avec le Soudan. Les joueurs ont fait preuve d’un engagement exceptionnel. Ils ont mérité cette qualification.
Cette réussite a été obtenue malgré la guerre. Comment parvient-on à gérer un groupe dans de telles conditions ?
C’est extrêmement difficile. Depuis plus de deux ans, il n’y a plus de championnat au Soudan, ce qui rend la sélection très compliquée. Nous avons dû jouer tous nos matchs à l’extérieur. Le plus important a été de changer la mentalité : faire comprendre aux joueurs que chaque terrain devait devenir “notre maison”. L’attitude exemplaire des joueurs d’Al Hilal, d’Al Merreikh et de ceux basés ailleurs en Afrique a été déterminante.
L’absence de championnat national a-t-elle perturbé votre préparation ?
Oui, c’est un handicap majeur. La plupart de nos joueurs évoluent localement ou dans des pays voisins, quelques-uns en Malaisie ou en Libye. Sans compétition régulière, tout repose sur la rigueur et le travail pendant les stages. Mon staff technique a fait preuve d’un dévouement total, et cette cohésion a été la clé de notre réussite.
À quoi ressemble désormais la préparation du Soudan pour la CAN ?
Nous suivons plusieurs joueurs à l’étranger et nous allons utiliser la Coupe arabe, en novembre, comme tremplin. Ce tournoi servira de répétition générale avant la CAN. Nous prévoyons également un ou deux matchs amicaux. L’objectif est de souder le groupe et de retrouver du rythme.
Vous affrontez l’Algérie, le Burkina Faso et la Guinée équatoriale. Quelle est votre approche face à de tels adversaires ?
Nous les respectons, mais nous ne les craignons pas. Si vous commencez à penser aux noms prestigieux avant un match, vous avez déjà perdu mentalement. Mon message aux joueurs est simple : croyez en vous et jouez pour montrer ce dont le Soudan est capable. Nous venons pour nous battre, pas pour faire de la figuration.
Si le Soudan atteint les phases à élimination directe, quelle sera la suite ?
Nous avancerons étape par étape. D’abord, sortir du groupe. Ensuite, chaque match à élimination directe devient une bataille ouverte. À ce stade, tout devient possible.
