CAN 2025:  Il venu d'Inde à vélo et en auto-stop pour soutenir les Fennecs

CAN 2025: Il venu d'Inde à vélo et en auto-stop pour soutenir les Fennecs

Le parcours fou d'un supporter de l'Algérie

Assister à la Coupe d'Afrique des nations en partant d'Inde, le tout en pratiquant uniquement le stop ou le vélo, c'est le pari dingue qu'a relevé Mohamed. Cet infirmier de 31 ans, supporter de l'Algérie, a exposé son périple sur les réseaux sociaux.  Pour Mohamed, tout a commencé par un voyage en Inde avec sa femme.  C'est ce qui va marquer le début du pari assez fou de Mohamed. "On s'est dit qu'on allait y aller ensemble pour le début de la Coupe d'Afrique des nations, où j'allais supporter l'Algérie. Mais ce n'était pas si simple pour lui en raison des tensions entre le Pakistan et l'Inde qui ont augmenté au fil des mois. J'ai donc décidé d'activer le plan B, à savoir y aller tout seul."

18.200 kilomètres, le pari fou de Mohamed

Le 22 août, le jeune homme quitte donc New Delhi, avec l'objectif d’assister à la CAN, et ce, avant le 21 décembre. L'auto-stop devient son mode de transport, ce qui lui permet, là encore, de faire de belles rencontres au fil des pays qu'il visite: le Pakistan, l'Afghanistan, l'Ouzbékistan... L'infirmier confiera même qu'en Afghanistan, il s'est porté volontaire pour venir en aide aux victimes d’un violent séisme, et qu'il a voyagé dans l’hélicoptère de l’armée pour se rendre sur zone. Un premier couac survient en Iran, où Mohamed ne parvient pas à obtenir de visa pour rentrer sur le territoire. Il prend alors un avion pour le Koweït, de l'autre côté de la frontière, avant de continuer son périple en Irak, en Syrie puis de rejoindre la Turquie. "Pour parcourir de longues distances, j'essayais d'être pris en stop par des chauffeurs poids-lourds", explique-t-il. "Sinon, je visais aussi des voitures plus petites. Je faisais de belles rencontres, on m'invitait à dormir, à manger, c'était incroyable. J'ai passé deux nuits seulement en bivouac sur tout le trajet. J'avais un budget de 5 à 10 euros par jour, je pensais que ça allait être assez compliqué mais au final les gens venaient vers moi, m'aidaient donc c'était top. Pour me faire comprendre, je parlais en anglais, ou sinon il y avait du contact avec les yeux, les gestes... Et c'est peut-être ça la leçon, même avec la barrière de la langue, tout le monde peut voyager avec de l'envie et la volonté de découvrir les autres."

"J'ai parlé de Feghouli avec des supporters à Bagdad, c'était très sympa !"

À chaque fois, Mohamed détaille son projet aux personnes croisées sur sa route, en expliquant être un supporter de l'Algérie. "J'ai parlé de Sofiane Feghouli avec des supporters à Bagdad, car il joue là-bas désormais, c'était très sympa !" Mais à partir de la Turquie et de la Grèce, la stratégie de l'auto-stop est mise en péril. "Je pouvais rester des heures sur le bord de la route, c'était très compliqué, je cogitais pour un plan B et la seule solution que j'ai trouvée, c'était le vélo." Après être parvenu à rejoindre son domicile à Chambéry, Mohamed investit dans un vélo et poursuit son parcours. "Pas cycliste de base", l'infirmier enchaîne tout de même 13, 14 voire 15 heures de vélo par jour, parcourant entre 150 et 200 kilomètres avec comme seul compagnon... les podcasts de l'After Foot, sur RMC. Il peut compter sur des connaissances pour l'héberger en France et s'inscrit sur des sites de couchsurfing pour trouver refuge en Espagne. Le 20 décembre, à la veille du début de la compétition, Mohamed boucle le dernier de ses 2.800 kilomètres de vélo et arrive à Rabat. "J'avais mis le drapeau algérien avec moi le dernier jour. Il y avait ma femme et des amis qui m'attendaient, c'était super et un vrai soulagement."

Après la CAN, cap sur le Mondial ?

Une fois sur place, il a eu la chance de pouvoir assister aux trois matchs de poule de l'Algérie. "Il y avait une ambiance de feu, en plus on fait trois victoires, c'était magnifique. Maintenant, on est du mauvais côté du tableau pour la phase à élimination directe. Le parcours va être difficile mais on a une bonne équipe, dynamique, et un mélange de joueurs expérimentés et de jeunes joueurs." À peine remis de cette folle aventure, le jeune homme se questionne déjà sur l'après. Et celui-ci n'est plus si lointain. "Il y a la Coupe du monde bientôt, peut-être qu'il y a quelque chose à faire, on va voir..."