Youssoupha : « C’est le match de la bouche entre deux nations qui parlent beaucoup »
Venu soutenir de la RD Congo, Youssoupha s’est confié à RMC Sport. Le rappeur originaire de Kinshasa se réjouit de voir les Léopards de retour au premier plan, en attendant le bouillant 8e de finale contre l’Algérie, prévu ce mardi à 17h00.
Vous êtes originaire de Kinshasa, comment jugez-vous le parcours de la RDC jusqu’à présent?
On a fait un début de CAN sérieux et appliqué. Ça nous fait presque bizarre parce que la RDC, d’habitude, c’est toujours des calculs incroyables pour se qualifier en 8es de finale. Soit on saute, soit on se qualifie de manière abracadabrantesque. Mais là, il y a beaucoup de sérénité. On s’est qualifiés dès la deuxième journée. On sent des garçons qui ont pris de l’expérience. On a affronté pas mal de grosses nations sans perdre. J’ai l’impression que tout le monde a compris que la RDC, c’est sérieux. Le match qu’on a perdu face au Sénégal à Kinshasa après avoir mené 2-0 (début septembre en éliminatoires de la Coupe du monde 2026, NDLR), nous a beaucoup appris. Il y a des défaites qui font grandir. On avait déjà le foot et le focus, mais il manquait la mentalité et la gestion de match. Et j’ai l’impression qu’on commence à l’avoir. On a fait nul contre le Sénégal dans cette CAN (1-1) et le Sénégal c’est un vrai morceau. C’est l’équipe la plus forte de la compétition aujourd’hui. Je suis très impressionné. Après, c’est le foot, ils peuvent sauter à tout moment, mais que la RDC ait pu les regarder dans les yeux, c’est un résultat non négligeable. Pour moi, c’est plus fort qu’une victoire. J’espère que ça va nous donner de la confiance. Je suis plutôt content de cette RDC-là et je nous souhaite d’aller loin, même si je pense que le Sénégal a le plus de chances d’aller au bout de la CAN. Actuellement, je trouve le Sénégal meilleur que beaucoup d’équipes européennes ou d’Amérique latine.
Le Congo va affronter l’Algérie en 8es de finale, ce mardi au stade Moulay El Hassan de Rabat (17h). Comment l’envisagez-vous?
C’est le match de la bouche entre deux nations passionnées qui parlent beaucoup. Je ne serai pas au stade pour ce match à cause d’obligations professionnelles, mais je crois que c’est mieux. En termes de passion et d’orgueil, je ne supporterai pas. Mon cœur va être trop en l’air. Mais en vrai, je pense que la RDC va passer. Je suis confiant. Si Dieu veut, rendez-vous en quarts de finale.
Les supporters congolais se distinguent par leur chambrage et leur humour depuis le début de la CAN…
C’est toujours un régal. Le divertissement est une qualité des Congolais d’une manière générale, sur le terrain, dans la vie, au travail et forcément dans les tribunes. Il y a des chants, du folklore. On vient avec ça. Tu es obligé de prendre les Congolais de manière naturelle.
Après cette CAN, la RDC va tenter de décrocher sa place pour la Coupe du monde 2026 en disputant en mars un barrage intercontinental contre la Jamaïque ou la Nouvelle-Calédonie…
Je ne veux mettre de pression à personne, mais autour du sport au Congo, depuis le combat de Mohamed Ali contre George Foreman à Kinchassa en 1974, c’est d’ailleurs la dernière année où on est allé au Mondial, il n’y a pas eu d’événement sportif plus attendu. Ça va être très important. Au-delà du sport, ça représenterait beaucoup pour le Congo, qui mérite sa grandeur, pour vivre de grandes émotions et se crée de beaux souvenirs, avec de l’union et de la communion. C’est un pays qui en a besoin et qui en a été privé. Le Congo à la Coupe du monde, ce serait une révolution incroyable après cinquante-deux ans d’absence. Cette frustration va prendre fin. Ce match-là est plus important que la CAN. On l’attend avec impatience. Et si jamais on passe, rendez-vous aux States.
