Ruth Chepngetich suspendue trois ans après une enquête approfondie de l'AIU
Le 13 octobre 2024, dans les rues de Chicago, Ruth Chepngetich - 30 ans à l'époque et un record en 2h14'18'' datant de 2022 - explosait le record du monde du marathon en 2h09'56'', retranchant quasiment deux minutes au chrono déjà supersonique de l'Éthiopienne Tigst Assefa (2h11'53'' en 2023). Une déflagration dans le milieu de l'athlétisme pourtant habitué à voir les tablettes balayées depuis 2019 et la démocratisation des chaussures de nouvelle génération.
Une performance hors du commun qui a évidemment intrigué l'Autorité de l'intégrité de l'athlétisme (AIU), qui n'a pas pris l'habitude de fermer les yeux depuis sa création en 2017. Dans la foulée, le gendarme de l'athlétisme, qui a lancé un programme antidopage de grande ampleur au Kenya depuis deux ans, a intensifié sa pression sur Chepngetich qui avait, pourtant, sur l'ensemble de l'année 2024, déjà subi quinze contrôles hors compétition et quatre en compétition. Mais, alors que l'athlète managée par Federico Rossa - qui n'en est pas à son premier athlète attrapé par la patrouille - préparait le marathon de Londres prévu en avril 2025, elle subissait six contrôles entre le 28 février et le 26 mars - soit pile dans la période cruciale de préparation pour Londres - comme le révèle le rapport de l'AIU publié. Parmi ces tests (urinaires et sanguins pour la plupart), l'échantillon du 14 mars revenait positif à l'hydrochlorothiazide (HCTZ), un diurétique inscrit sur la liste des produits interdits de l'agence mondiale antidopage (catégorie S5 : diurétique et agent masquant). Dans la foulée, l'AIU demandait un complément d'analyses au laboratoire de Lausanne (labo accrédité de l'AMA en charge du dossier) sur les autres échantillons collectés à la même période et celui du 28 février révélait également des traces de HCTZ.
Elle a accepté la suspension provisoire, mais l'AIU est allée plus loin
Le 16 avril 2025, l'athlète est donc alertée par l'AIU de son contrôle positif et est amenée à déclarer tout ce qui pourrait expliquer ce résultat (prise de médicaments, compléments alimentaires...). Chepngetich ne donne alors aucune explication, acceptant même dans la foulée la suspension provisoire, en attendant que l'enquête soit close. À ce moment-là, la Kenyane encourt deux ans de suspension pour un contrôle positif à une substance spécifiée. La recordwoman du monde du marathon Ruth Chepngetich a été suspendue provisoirement le 17 juillet, après un contrôle positif à un diurétique. Cet été, le Tour de France s'est terminé sans le moindre cas de dopage.
